Wo waren wir stehen geblieben?

Leute: es geht auf deutsch weiter. Französische Praxis habe ich täglich in Hülle und Fülle, wohingegen mein Deutsch mal auf Vordermann gebracht werden muss und sollte, zumal ich nun auch als Deutschlehrer aktiv bin.

Dies also als Präambel für alles Weitere.

In der Zwischenzeit, d.h. seit dem letzten Post, ist einiges passiert. Unter anderen bin ich um Haaresbreite am finanziellen Ruin vorbeigeschrammt. Der Tiefpunkt war vermutlich, als ich eines Abends feststellen musste, nicht mal mehr genug Pesitos für ein Schächtelchen Kippen in der Tasche zu haben (okay, die Sucht, klar, aber dazu stehe ich). Bin also in den Klassenraum eines Kollegen, habe besagten Kollegen um ‘nen Fuffi angebettelt, und hatte wieder was zu rauchen.

Seitdem hat sich die Lage eindeutig gebessert. Eigentlich hätte ich lediglich den Entschluss früher fassen müssen, meiner letzte Arbeitsstelle endgültig den Rücken zu kehren. Also machte ich mich selbstständig: meine eigene Sprachschule. Und das klappt so weit ganz gut. Noch fehlt die notarielle – wie sagt man? Beglaubigung? Egal – das Meiste läuft eben, wie in Mexiko so üblich, im Bar-auf-die-Kralle-Modus. Ich bin übrigens selber erstaunt, wie motivierend es wirken kann, sein eigener Chef zu sein (und nicht mehr von inkompetenten Pseudo-Exzellenzen dirigiert zu werden).

sanda

La chica M*** (2da parte)

Vendredi 6 juin: Nous voilà en route. Le studio, ce n’est pas la porte à côté, c’est à l’extérieur de la ville, sur l’autoroute de Cuernavaca. La mère et la tante de la demoiselle nous y amènent. L’ingénieur du son est d’ailleurs le fils d’une amie de la mère.

La demoiselle a l’air fatigué, mais elle veut à tout prix enregistrer la chanson, son clip doit impérativement être en ligne mardi. Donc on y va, taria, tsoin-tsoin. Perfectionniste comme elle est, elle connaît sa version de la chanson sur le bout des cordes vocales – sauf qu’on se rend compte qu’il y a quelque chose qui cloche, vers la fin: il faut un do bécarre là où elle chante un do dièse. On essaye. On ressaye. Non, elle n’y arrive pas. Sa mère m’expliquera plus tard que la demoiselle s’est formée musicalement dans une chorale et lors d’un atelier de comédie musicale, deux genres où l’improvisation est prohibée (c’est marrant, je tombe toujours sur des chanteuses qui n’ont aucun talent d’improvisation).

Finalement, on y arrive, mais le résultat n’est guère enthousiasmant, je ne suis pas non plus satisfait de mon jeu de guitare. Comme il n’y a rien de plus ringard qu’une voix de fille + gratte acoustique (cf. cet extrait de « Four Weddings and a Funeral »),

 j’avais choisi l’électrique, mais force est de constater qu’il manque quelque chose.

 

Dimanche 15 juin: Bref, on refait le tout. Entre-temps, M*** aura mis en ligne un autre clip. Cette fois, on va voir Mich, qui en plus d’être pianiste dans une école de musique dans la Del Valle officie comme coach vocal de la demoiselle. Quand j’arrive, j’apprends qu’on est passé de ré mineur à fa mineur, que les accords et le rythme et la mélodie ont changé. Ahem. Kof kof. Faudra peut-être lui signaler, à la demoiselle, qu’il y a des choses qui ne se font pas, entre musicos… J’essaie de me démerder et on se donne rendez-vous demain 21 heures pour la grabación. N’empêche, elle chante bien, la demoiselle.

mariana

 

Lundi 16 juin: Je sors d’une lourde session d’examen, donc pas une minute pour me préparer, juste le temps de sauter dans un taxi. Le circulation est dense, il pleut des cordes, nous sommes bien en saison de pluie. M*** veut un look printanier pour son clip. Elle porte une robe fleurie et des tennis bleu ciel. Ah oui, et elle veut que les musicos apparaissent eux aussi dans le clip. L’horreur. Je crois qu’elle a dû me le dire hier, mais j’avais occulté ce détail et/ou j’avais espéré que M*** l’occulterait aussi, mais elle n’en démord pas. On enregistre le tout, piano d’abord, voix ensuite, guitare enfin, puis on tourne sur le playback. C’est un autre ami à elle qui s’occupe de l’éclairage et de filmer, un barbu bohème avec qui je ne sympathise que sur la fin (« Une clope? » – « Oh, gracias wey« ).

Je ne me souviens même plus ce que j’ai joué et je promène donc mes doigts sur le manche en espérant que ça concorde plus ou moins. De toute manière, l’ingénier du son (autre ami) va remixer et mastériser le tout. « Je t’envoie le fichier vers, disons, cinq heures du mat' », dit-il à M***. Quant à elle, visiblement épuisée, elle va s’attaquer au montage dès cette nuit.

 

Mardi, 17 juin: Finalement, elle a dû quand-même dormir quelques heures, qui suis-je pour le lui reprocher? La mise en ligne se fait attendre. Pendant ce temps, le Mexique se découvre un nouveau héros national: Ochoa. Ce n’est que tard en soirée, contrairement à ses habitudes, qu’elle met le clip sur YouTube. Aussitôt les fans se mobilisent et se déclarent en-chan-tés de la performance vocale de la demoiselle. Quant à moi, je me rends compte qu’il vaut mieux que j’évite les caméras comme le diable l’eau bénite. Mais après tout, what the hell?

 

Rituel/Logik

Quand Xahmana compose, chaque note compte. Normalement, elle fait de la musique dite « contemporaine », ou alors de la musique « classique moderne » (contradictoire, ça…), ou alors de la musique « expérimentale » et donc vous attendrez le refrain en vain. D’ailleurs, vous attendrez tout aussi vainement que cette musique passe à la radio ou dans tout autre média digne de ce nom. Alors, quand Xahmana fait de l’électro, ce n’est pas tout à fait de l’électro, ce sera – par exemple – une fusion d’électro et de musique mexicaine traditionnelle, le jarocho (de l’état de Veracruz).

Sur un des morceaux, j’ai collé quelques paroles en français et en allemand, histoire de rendre compte de la logique en tant que rituel, des rituels de musique populaire et de leur espace, le tout narré par une fille qui s’est sans doute égaré dans les méandres des ses propres phrases… Okay, dit comme ça, ça va en rebuter plus d’un, donc je vous propose simplement d’écouter le morceau en question.

Oh, et si on appelait ça tout simplement de la musique?

PS: Wittgenstein rulez.

Nadia et le théâtre

Je n’aime pas le théâtre, mais quand j’y vais, j’en sors émerveillé. Pourquoi je n’aime pas? Art obsolète, élitiste, dis-je, juste bon pour se donner une crédibilité culturelle dans des dîners en ville, le genre « dimanche dernier, j’étais au théâââââtre! »… Mais si je creuse un peu plus, je pense que j’en ai sans doute été dégoûté, quand j’habitais encore en Allemagne,  en allant voir des pièces où des metteurs-en-scène s’appropriaient les textes et y injectaient une moraline insupportable, réduisant ainsi une oeuvre plurivoque à un sermon explicite. Et j’ai peut-être aussi été influencé par Thomas Mann, qui dans son « Versuch über das Theater » stipulait que le théâtre est un genre inférieur au roman (parce qu’il avait fait un bide avec son unique pièce, mais là, je suis méchant…)

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Nadia est une fille en colère. Ça se voit sur son visage qu’elle en a gros sur la patate de vivre dans cette société mexicaine administrée par un président qu’elle abhorre. Pourtant, elle sait aussi sourire, et pleurer, et rire, et chanter, et danser – du moins sur scène. La scène, c’est le salon vidé d’un appartement, situé dans la Escandón, rebaptisé Espacio Kuu et où officie la metteuse-en-scène finlandaise Karoliina Sandström (d’ailleurs, « kuu » veut dire « lune » en finlandais, moi qui d’abord avait cru à un mot en maya…). La pièce proprement dite est une création de « la compagnie », trois filles et un garçon: « Lamapa perdida » (sic, en deux mots). Bon, passons sur l’aspect débutants, qui fraîchement sortis de leur école, s’interrogent sur les possibilités et les limites de leur art: les masques vs. le moi réel, les artifices et comment les briser, l’aspect pirandellien de personnages en quête d’auteur. Peu importe. Ce qui compte, c’est de voir quatre acteurs qui en veulent, qui s’impliquent avec un tel enthousiasme dans leur jeu qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde (et je m’ennuie facilement). Le jeu d’ensemble fonctionne à merveille, notamment pour les scènes de comédie musicale qui suivent un monologue rageur ou désespéré. Chacun des acteurs a bien sûr du mérite, mais c’est Nadia qui a le plus de charisme, de présence – et ça se sent. Je disais tout à l’heure qu’elle en a gros sur la patate, je précise: elle a une force intérieure qu’elle sait mobiliser et faire éclater sur scène – bref, la marque des bons acteurs. Pendant un moment, peut-être biaisé par l’austérité du décor, la blancheur des murs, je l’ai rêvé en Antigone, en Iphigénie. Hum… je dois bien avoir quelques metteurs-en-scène dans mes contacts à qui la présenter. À suivre, donc.

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Chante, déesse, la colère de Nadia.

La chica M***

Voici venu le temps des rires et des chants… ou plutôt: voici venu le temps de décrocher sa guitare.

Et d’aller répéter avec une gamine qui veut absolument reprendre le tube de Zaz (« Je veux ») pour l’inclure dans son clip hebdomadaire sur sa chaîne YouTube. Voilà pour les faits.

Pourquoi moi? Je n’en sais trop rien,  j’ai été contacté par sa mère, qui est en fait une metteuse-en-scène connue ici au DF et avec qui on avait fait un truc il y a, houlà, dix ans. J’ai donc regardé les clips de la fille, qu’elle met en ligne tous les mardis, et c’est frais, c’est vif, ça fourmille de bonnes idées, c’est couleur enthousiasme et naïveté, ça sautille dans tous les sens, c’est de l’auto-narration 2.0 génération Y.  Bref. Regardez vous-mêmes:

J’ai pris contact, rendez-vous, un taxi pour la Roma. À vrai dire, j’étais au moins aussi intimidé qu’elle. Il y a dans le quartier assez de jeunes gratteux aux dents longues qui ont beaucoup plus que moi la tête de l’emploi. Elle me dit qu’elle a changé d’appart depuis peu, et qu’elle ne peut pas faire de café, mais si je voulais, on pourrait aller en face dans le bistro en prendre un. Je lui dis, c’est bon, je viens d’en boire deux tasses et on se met au boulot, voyons voir les paroles. Elle ne parle presque pas français, mais sa prononciation est bonne. Comme elle m’avait signalé que sa voix était plus aiguë que celle de Zaz, j’avais transposé la chanson de ré mineur en la mineur, mais finalement, oups, c’est le ton original qui passe mieux. Allons-y pour ré. Jolie voix.

Je lui propose ensuite de changer le rythme (oui, faire une reprise telle quelle, c’est du copier-coller et ça faiche). Elle aime bien le rythme, elle ajuste son débit et miracle, ça commence à prendre forme. On se donne rencard la semaine prochaine pour aller enregistrer le tout dans un studio d’un pote à elle. On esquisse quelques projets. Si ça marche, pourquoi pas former un groupe? Elle désire inclure progressivement des chansons dans ses clips, oui, elle veut tout faire, chanteuse, danseuse, actrice. Si je connaissais son prof d’actuación, Luis Mandoki? Le réalisateur? Tiens oui, j’avais été convié par inadvertance à son dîner qui suivait la première de dernier film, « La vida precoz y breve de Sabina Rivas« , il y a un an et demi au festival de Morelia. Je doute qu’il se souvienne de moi, mais le monde des artistes-en-tout-genre est décidément petit. Elle me dit qu’elle suit sa méthode de travailler sur l’insconscient et du coup, qu’elle craint les cadavres qu’elle a dans le placard. Tststs… mais qu’est-ce qu’il lui fait faire, le vieux bougre?

La suite la semaine prochaine.

Modélisme

J’ai regardé le JT de 20h sur F2 (13h au DF).

Un jour après le tremblement de terre/séisme/autre-terme-apocalyptique-de-votre-invention suite aux élections européennes, ça s’imposait vaguement. Passons sur le constat d’impuissance du président. Ce qui m’intéressait, c’était le traitement de l’actualité allemande – ou devrions-nous dire: le non-traitement? Pas un mot sur l’avancée sociale-démocrate et le réajustement d’équilibre au sein de la coalition CDU/SPD qui va en résulter. Au lieu de ça, un petit reportage sur l’unique député d’extrême-droite que l’Allemagne va envoyer au parlement européen, un sombre trouduc plusieurs fois condamné. Sujet plus « évident » pour les téléspectateurs de  « La grande vadrouille », sans doute, ou autrement dit: la télévision d’état juge les Français trop stupides pour comprendre le moindre fait politique d’envergure, qui plus est si ça se passe à l’étranger, ceci expliquant cela (25%).

Le trouduc teuton, lui, se disait épaté par Jean-Marine Le Pen, un vrai modèle pour lui. Un peu plus loin, pour un quidam interrogé au hasard dans les rues de Berlin, la France n’est plus du tout un modèle. Oui, maintenant, faudra voir. Si on parle de la France version image d’Épinal, donc grosso modo la terre d’accueil, liberté, égalité, fraternité, aux armes etc., il y a longtemps qu’elle n’existe plus, à part dans quelques discours festifs. Par contre, le récent succès d’un parti d’extrème-droite pourra bien servir de modèle à d’autres trouducs, d’Allemagne ou ailleurs. Soyons vigilants. Mais aussi, vu du Mexique, la France et même l’Europe entière, c’est loin. Dilemme, dilemme…

Oh, by ze way, rien à dire contre « La grande vadrouille« . Grand film.

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Oral individuel junior

« Je ne suis pas une mauvaise fille », dit-elle. J’hésite: anglicisme ou pas? I’m not a bad girl? Comment dirait-on ça, en français? Du reste, non, elle n’est certainement pas mauvaise fille, nous sommes bien dans un lycée catholique. Dans ce lycée, nous y allons tous les ans vers la même époque, histoire de leur faire passer le diplôme élémentaire de langue syldave, à ces ados pas si boutonneux comme il est cliché de dire; les entreprises dermatologiques font des miracles ces jours-ci.

Tenez, en voilà une autre: elle se souvient de moi, en plus. L’année dernière, apparemment, je lui avais fait passer le B1. Ses projets? « Je pense que je vais devenir journaliste, peut-être chez National Geographic, qui sait? » Une heure avant, dans la salle de surveillance pour les épreuves collectives, elle m’avait vu feuilleter un numéro de cette même revue. Okay, c’est de bonne guerre.

Une troisième doit me convaincre, dans cette simulation, de l’accompagner à un concert. Je mime le type chiant devant sa télé. « Je te paye le concert! », dit-elle. « Je te paye le taxi! Je te paye le restaurant! » 100% crédible, carte de crédit paternelle faisant foi. Nous sommes bien dans un lycée de nantis (mais au diable l’avarice).

Pas une mauvaise fille? On sentirait presque pointer un soupçon de blues de jeune-fille-bien-comme-il-faut.

La tiendita

Tiens? Elle se rappelle même de mon prénom qui pourtant, dans ces contrées tropico-urbaines, est une fois pour toutes estampillé « à coucher dehors ». Petit bout de femme (elle mesure à peine un mètre cinquante), tatouée de haut en bas, sincèrement ravie, elle me sert un morceau de pizza brulant – oui, elle a le sens de l’accueil et j’aime ça.

tienda

C’est la deuxième fois en une seule semaine que je me retrouve dans la Tiendita de San Pascual Bailongo, il y a quelques jours pour fêter l’anniversaire de Cléo, aujourd’hui pour fêter celui de Jane. Ouvert tout récemment, la Tiendita se situe dans un quartier qui monte, la Santa Maria de la Ribera, du moins pour ceux qui tentent de développer une alternative à la Roma, QG hipster. Aucune idée qui est San Pascual Bailongo; il y a bien un Pascual Bailón, saint aragonais patron des cuisiniers et pâtissiers, mais Bailongo? Très mystérieux. On peut y manger autre chose que des pizzas: des tortas et autres classiques, ou encore des choses plus originales comme ces tranches d’aubergines enroulées sur du fromage frais aromatisé aux herbes. Section bières, c’est plus restreint: Corona ou Victoria. J’opte pour la seconde.

C’est fou comme il ne se passe jamais rien, dans les fêtes.

Ville sur gélatine

Trois gros tremblements de terre en quelques jours, rien que ça… Encore que le troisième, celui de 2h30 du matin, je ne l’ai pas senti: je dormais, évidemment, et ce qui m’a réveillé, c’était la pompe d’eau en bas de l’immeuble qui essayait désespérément de se mettre en marche et qui n’y arrivait pas. Trop dans les vapes pour faire le rapprochement…

Dans les trois cas, (presque) aucun dégât matériel ni surtout humain à déplorer. On est chanceux, à Mexico, même si on vit sur un lac asséché, donc sur de la gélatine. On nous dit d’ailleurs, que ces trois tremblements récents n’étaient que des répliques de celui d’avril. Que. Alors je me dis, sagesse populaire aidant, que trois tremblements forts sont préférables à un seul tremblement apocalyptique et que comme ça, avec l’énergie libérée du côté du Guerrero, on va être tranquille un bout de temps. Faux! – nous répondent les spécialistes qui font décidément tout pour nous rendre la vie insouciante et guillerette: un gros tremblement de terre que même Hollywood n’oserait pas peut se produire à n’importe quel moment, que ce soit dans cent ans ou dans dix minutes.

Chouette.

Bon, après tout, on peut bien vivre en attente du big one, des millions de gens sur cette planète le font. N’empêche que la fréquence récente de ces tremblements produisent des effets collatéraux: vertiges, prudences… Tiens, ça bouge ou c’est dans ma tête? Ou les deux? Tiens, je vais raccourcir ma douche, on sait jamais. Tout le monde connaît ces histoires de chilangos qui sortent à poil de leur immeuble la tête enduit de shampoing… Ah, il habite au dixième étage? Je crois que vais plutôt lui donner rendez-vous sur la terrasse d’un café. Etc. etc.

Si ça continue comme ça, ils vont finir pas nous avoir à l’usure.

PS: À peine quelques heures après la publication de ce billet, les alertes sismiques se sont déclenchées. Mais par erreur.

Cléo

Lundi j’ai rendez-vous avec Cléo de cinq à sept. Elle a besoin d’un clip promo pour participer à une feria prochaine comme accordéoniste slash chanteuse. Il se trouve que j’ai une petite caméra HD et du coup, de l’expérience en matière de production de vidéos amateur (art lourdement sous-estimé).

Elle me demande si je ne sais pas où on peut télécharger des BDs, elle prépare un cours sur la guerre de 14. Elle connaissait un type qui le faisait tout le temps, mais elle ne lui parle plus.

On s’installe dans le foyer de l’Institut, désert à cette heure-ci. Une Yann Thiersen, une Piaf, un tango, une musette et c’est dans la poche. Le son style hall de gare, la lumière bof, et on fera avec.

Elle veut m’inviter à prendre le café, mais je suis malade de l’estomac. Vous voyez, c’est ce qui arrive quand on se dit, bon, allez, on va au resto et  pour une fois on va manger sain, on va manger une bonne salade. Et hop, on tombe malade. La prochaine fois, ce sera le club sandwich/frites, infiniment plus fiable.